Dans l’univers des journalistes et des relations presse, le carnet d’adresses fait tout (ou presque). Mais comment faire lorsque l’on est une jeune start-up et qu’il faut démarcher soi-même les rédacteur.trice.s ou chroniqueur.se.s ? Et qu’ils.elles aient donc envie de décrocher, voire, ô miracle, de vous rappeler ?

Relations presse : on faisait comment avant ?

Vous savez, le temps où le seul écran connecté était le Minitel ? Avant Internet et les réseaux sociaux, le travail des communicants n’était pas différent de celui d’aujourd’hui : il fallait contacter les journalistes. Pour cela, il « suffisait » de trouver un bottin, de tourner les pages et d’appeler la bonne personne, dans le bon journal. Ou encore, d’aller dans ce que l’on appelle l’ours d’un magazine, dans lequel vous pouvez encore trouver les numéros de téléphone directs. Dans tous les cas, les journalistes étaient alors plus enclins à répondre, puisqu’ils.elles n’étaient pas assailli.e.s de messages par ailleurs.

Pour résumer, il fallait aller au charbon, le combiné collé à l’oreille. Si c’est toujours le cas aujourd’hui, il faut aussi se servir de nouveaux outils comme les réseaux sociaux.

Au contact des journalistes, à pattes de velours

Avant, les attaché.e.s de presse n’avaient qu’un numéro de téléphone fixe et leurs yeux pour pleurer si cela ne répondait pas. Aujourd’hui, si vous ne pouvez pas rentrer par la porte, entrez par la fenêtre et par les trous de souris. Mais attention, faites-le de manière fine et courtoise, pour ne pas vous retrouver blacklisté une bonne fois pour toutes.

Par e-mail

L’e-mail a surpassé depuis 20 ans le téléphone : c’est le premier pas à faire avant, parfois, de relancer par téléphone. Les journalistes en sont cependant inondé.e.s. Alors, pour obtenir une réponse, soyez clair.e sur le sujet dès l’objet du courrier. Évitez les « Besoin de vous », « Renseignements » et autres phrases sans fond. Expliquez en trois mots l’intérêt de votre mail. Développez ensuite votre propos en une dizaine de lignes grand maximum.

Pour trouver les e-mails des journalistes, il existe quelques astuces : un moteur de recherche suffit. Essayez de trouver le mail général de leur rédaction en tapant @nomdumagazine ou @nomdelachainedetelevision. Suite à cela, de vraies adresses ressortent, celles de la rédactrice en chef par exemple. En fonction de la forme que prend l’adresse avec le nom de la personne (avec un tiret, un point), vous pouvez deviner celles des journalistes que vous ciblez.

Par téléphone

Bien sûr, vous pouvez toujours passer par le téléphone fixe, si quelqu’un vous a fourni le numéro. Ou bien, par le standard, en vous présentant de manière professionnelle. Mais les journalistes ne sont plus forcément assis sur leur chaise toute la journée. D’où l’utilité d’avoir leur numéro de portable, plus difficile à décrocher. En général, il se refile sous le manteau entre RP. Mais attention, veillez à expliquer comment vous avez eu le numéro en vous présentant. De la même manière, n’insistez pas lourdement si la personne ne répond pas. Sous peine d’être blacklisté.e.

Par SMS

C’est curieux comme les moyens de communication sont codifiés, même dans les relations presse. Il est en effet rare que l’on reçoive un sms de quelqu’un que l’on n’a jamais eu au bout du fil. Même constat dans les RP auprès des journalistes. Si vous envoyez un SMS en premier, vous êtes obligé.e d’écrire un roman pour vous présenter. Ce qui rend la chose illisible. De plus, les journalistes, comme n’importe quelle autre personne, reçoivent des SMS des gens qu’elles.ils connaissent, ou de leur banquier. Préférez donc cette option pour une relance si vous avez déjà eu la personne en ligne, ou pour des échanges informels par la suite.

Par les réseaux sociaux

Attention, terrain glissant… Certes les réseaux sociaux ont permis de démocratiser l’accès à … tout le monde ou presque. Sur Facebook Messenger, vous pouvez par exemple envoyer un message à n’importe qui. Mais cela ne vous donne pas le droit de le faire à tout-va.

Alors, comment ne pas être intrusif.ve en passant par les réseaux sociaux ? Eh bien déjà, en observant. Sur Twitter, Facebook ou Instagram, les professionnel.le.s des médias peuvent être présent.e.s à différents degrés.

  • Sur Twitter, les journalistes y sont le plus souvent pour leur travail. Vous pouvez donc les apostropher (mentionner) poliment, s’il n’est pas possible de leur envoyer un message direct (privé).
  • Sur Facebook, tout dépend également si le profil de la personne est à vocation privée ou professionnelle. Dans ce dernier cas, vous pouvez utiliser la messagerie.
  • Sur Instagram, même chose, tout dépend de la présence affichée de la personne. Beaucoup de journalistes y partagent leur vie professionnelle (et privée). D’autres ont un compte verrouillé. Dans un cas comme dans l’autre, il est possible de leur envoyer un message. Mais attention, certain.e.s n’apprécient pas d’être sollicité.e.s de cette façon…

Finalement, aujourd’hui, trouver la bonne manière d’aborder les journalistes est plus délicat que de trouver un moyen de les contacter … Il faut donc faire preuve non seulement de persévérance, mais aussi de bon sens !