Vous avez envoyé votre communiqué de presse, ou dossier de presse, chiadé bien comme il faut. Et à la bonne heure ! Mais, comme dans le monde des relations presse, rien ne va de soi, vous allez devoir relancer les journalistes. Fébrile devant votre écran, les mains tremblantes devant le combiné, il va pourtant bien falloir y aller. Car le téléphone est le moyen le plus direct de relancer et d’avoir un retour sur son investissement personnel et professionnel.

Relancer les journalistes ? Vous n’y échapperez pas

Deuxième chance au grattage

S’il y a une profession touchée par l’épidémie de mails en rafale, c’est bien le journalisme. Quel que soit son secteur, de l’économie à la beauté, de l’emploi au sport, ce sont des centaines de mails qui arrivent quotidiennement. Comme une armée de fourmis qui déferlent et s’agglutinent. En plus, des flux d’informations permanents, les journalistes passent aussi beaucoup de temps en tournage, en montage/bouclage. Tic, tac, le temps passe, le communiqué de presse trépasse.

Et sans vouloir vous effrayer, les communiqués de presse ont un taux d’ouverture parmi les plus bas. À peu près du même niveau que les newsletters auxquelles vous êtes abonné.e.s depuis 2007 et que vous jetez systématiquement à la poubelle. Relancer les journalistes pour avoir une chance d’être repéré.e est donc essentiel. Mais attention de ne pas passer du stade de relance à celui de harcèlement.

Défendre son produit

Relancer c’est se donner une chance d’accrocher un.e journaliste qui a la possibilité de produire un contenu en lien avec votre service/produit. Pour cela, inutile de lui presser le citron sur votre idée géniale, préférez la méthode douce et d’autres manières d’aborder le sujet.

La relance consiste donc à savoir si celui-ci pourrait l’intéresser ou, dans le cas contraire, sur quoi il.elle travaille en ce moment. Vous pouvez éventuellement glisser votre idée ou votre expertise dans ce domaine à l’instant T. Dans certains cas, vous pouvez même leur être très utile en leur donnant un contact, à charge de revanche.

Règles de la relance efficace

Cibler

Pour cibler les journalistes, il faut d’abord être sûr.e que votre sujet entre dans leur catégorie de rubrique. Mais aussi qu’ils.elles n’ont pas traité cette information ou un produit parallèle, une semaine ou deux jours avant. Sans quoi, votre relance a toutes les chances de passer pour une mauvaise blague ou un manque d’intérêt flagrant pour le travail du journaliste.

Choisir son moment

Une rédaction est généralement un open space avec des téléphones – encore fixes – qui sonnent sans arrêt, au même rythme que les portables. Attraper un journaliste au vol relève souvent du défi personnel. D’autant plus que vous risquez fort de vous faire envoyer sur les roses si vous ne débitez pas votre message assez rapidement. Évitez notamment de dire « Bonjour, je suis xx, avez-vous reçu mon communiqué de presse ? ». Autant vous dire que vous allez droit dans le mur en commençant comme ça.

Et ce n’est pas tout, les rédactions sont évidemment soumises à des délais, des impératifs. Savoir quand appeler est aussi un essentiel. Pour tous les médias : évitez le moment de la conférence de rédaction si vous ne voulez pas vous attirer les foudres des journalistes. Ensuite et surtout, faites attention à l’heure du bouclage pour la presse écrite et aux horaires des émissions pour les TV-Radios. Par exemple, n’appelez pas un journaliste qui passe à l’antenne en direct à 12h, à 11h45 ! Si par hasard il décroche, on vous assure non seulement qu’il fera en sorte que vous ne fassiez plus cette erreur mais qu’en plus vous ne lui ferez pas une bonne impression.

Dans le cas contraire, vous avez toutes les chances de passer pour quelqu’un de non-professionnel. Si vous êtes rabroué.e, mal accueilli.e par une voix agacée de cet énième coup de fil, ne le prenez néanmoins pas pour vous. Facile à dire, mais on s’endurcit vite… sinon le plus simple c’est de passer la main à une attaché.e de presse.

Ruses de Sioux

Si le téléphone est le meilleur moyen de faire une relance efficace, l’appel de vive voix n’est pas forcément le plus porteur. Si vous connaissez déjà plus ou moins – ou via des connaissances – les habitudes du.de la journaliste, tentez un “coup de poker”. Cela peut être un bon vieux SMS, un message sur Whatsapp ou encore un message sur twitter. Par contre, évitez la messagerie de Facebook ou, pire, d’Instagram. Cela peut sembler trop intrusif, surtout si vous ne connaissez pas du tout la personne en question.

Espérer qu’un.e journaliste vous rappelle après l’envoi d’un communiqué ou d’un dossier de presse n’est pas vain. Mais cela arrive à peu près aussi souvent que de la neige à Pâques. Relancer est donc un inévitable sacerdoce … que vous pouvez déléguer, ouf !