Les métiers d’aujourd’hui sont aussi différents des métiers d’hier que des métiers de demain. Si ces nouveaux métiers visent à répondre à de nouveaux besoins en entreprise, certains passent tout de même entre les mailles du filet de l’utilité. Voici donc notre guide du parfait dénicheur de “Bullshit Jobs”.

Des quoi ?

La notion de “Bullshit Jobs” est formulée par l’anthropologue américain David Graeber et désigne les « emplois à la con », si superficiels et vides de sens qu’ils donnent l’impression à la personne occupant le poste de ne rien apporter voire même d’être néfaste.
Cela vous paraît étrange ?
Non ?
C’est normal. Des instituts de sondages au Royaume-Uni et aux Pays-Bas établissent qu’entre 30% et 40% des personnes déclarent que leur travail n’apporte rien.

Graeber définit de manière très imagée 5 catégories différentes de « Bullshit workers ».

Les porte-flingue (goons)

Commençons par le plus capillotracté. Rassurez-vous, derrière ce terme ne se cachent pas des assassins mais des personnes engagées pour maintenir le statu quo face à la concurrence ou à un contre-pouvoir (lobbyistes, experts en relations presse, télévendeurs…).

Les larbins (flunkies)

Votre seul but est de faire paraître vos supérieurs importants, la reconnaissance personnelle reçue est faible voire inexistante. Grosso modo vous êtes Dobby l’Elfe de maison mais sans les pouvoirs magiques.

Les rafistoleurs (duct tapers)

Une autre personne commet une erreur pouvant être évitée ? Si vous êtes engagés pour la corriger vous êtes un rafistoleur.

Les cocheurs de cases (box tickers)

Un Chief Happiness Officer dans une entreprise ne prenant aucune mesure pour le bien-être de ses employés est un exemple flagrant. Dans ce cas-là ce n’est plus vous, mais plutôt l’intitulé de votre job qui est le faire-valoir. Est-ce vraiment mieux ?

Les petits chefs (taskmasters)

L’enfant maudit des entreprises à structures verticales. Le surveillant d’un examen où la triche est impossible. A mi-chemin entre deux paliers hiérarchiques il sert d’intermédiaire et de relais mais toute votre équipe se pose la même question : comment le ou la faire disparaître sans laisser de trace ?

“Je me reconnais dans cette liste. C’est grave docteur ?”

 

Tout dépend de vous.

Ces “Bullshit Jobs” existent bel et bien et en essayant de voir au-delà du cynisme de ce que David Graeber nous présente, on remarque un problème bien plus grave que l’inutilité au travail : le mal-être au travail. Si le fait que certains soient très à l’aise avec les tâches citées plus haut ne fait aucun doute il en va de même en disant que certains sont très mal à l’aise. Attention à bien comprendre que nous parlons ici toujours des « Bullshit jobs » induisant un mal-être persistant et non de petits désagréments passagers.

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. ». En suivant cette logique de Confucius une personne qui n’aime pas son travail travaille 2 fois plus ? 3 fois plus ? Est-ce seulement chiffrable ?
La suite vous la connaissez : brown-out, bore-out, burn-out… faites votre choix.

Pas de solution miracle à ce fléau à notre connaissance si ce n’est de choisir son emploi avec attention et de s’entourer des bonnes personnes pour éviter les mauvaises surprises et trouver sa place.
Agissez, tout le monde a à y gagner. Un employé sincèrement heureux est une corde de plus à l’arc de l’e-réputation de son entreprise !