Le monde professionnel évolue à toute allure. Vous avez certainement déjà entendu la phrase disant que “près de 90% des métiers de 2030 n’existent pas encore”. Pour suivre cette évolution il devient indispensable d’apprendre même après l’obtention de son diplôme pour rester à la page. Comme toutes les formes d’apprentissage il faut alors s’attendre à faire face à l’erreur, voire à l’échec. 

Il faut de tout pour faire un monde.

Vous n’allez pas y échapper, il faut donc vous préparer psychologiquement à ces échecs. Car oui, savoir rebondir sur une erreur est avant tout une question d’état d’esprit. Les plus internationaux d’entre vous s’en seront déjà rendu compte, l’état d’esprit autour de l’échec n’est pas le même partout.

Aux Etats-Unis

La culture anglo-saxonne est sans doute celle qui a le plus développé la culture de l’échec. Sachez qu’en tant que professionnel vos échecs sont presque plus importants que vos réussites, en particulier dans le milieu de l’entrepreneuriat. Leur crédo ? “The bigger they are, the harder they fall”. Traduisez : Plus dure sera la chute. 

On accorde plus facilement sa confiance à quelqu’un qui a déjà connu l’échec et a su en tirer des leçons qu’à une personne qui ne l’a jamais connu et qui risque de perdre ses moyens au premier revers. Cet état d’esprit est également développé dans les pays scandinaves et on ne parle pas de Magnus Carlsen.

En France

Il faut dire ce qui est : notre bel Hexagone n’est pas un modèle à suivre en terme d’état d’esprit sur la culture de l’échec. 

La raison principale est, pour rester sur l’exemple de l’entrepreneuriat, la difficulté à dissocier l’entrepreneur de sa réalisation. Grosso modo, si vous plantez une entreprise c’est parce que VOUS vous êtes plantés, on va donc moins vous faire confiance. L’échec ne se limite pas à votre entreprise mais s’étend à votre personne.

Poussons le raisonnement plus loin. Ce en quoi les français n’ont pas confiance ce n’est pas la personne qui échoue mais plutôt sa capacité à apprendre de cet échec. 

Les gens mentent, pas les chiffres

Geert Hofstede ca vous dit quelque chose ? Un psychologue néerlandais à qui on doit les indices de Hofstede. Pour résumer ce sont des indices (Power distance, Individualism, Uncertainty avoidance, Long term orientation … ) qui établissent de 1 à 100 les caractéristiques psychologiques moyennes des habitants d’un pays. Allez y faire un tour si vous visez une croissance à l’international, c’est passionnant ! 

Mais revenons à nos moutons, enfin … à nos indices, et en particulier l’indice “Uncertainty avoidance”, comprenez “tendance à éviter l’incertitude”. Cet indice évalue la mentalité entourant un concept très proche de l’erreur et de l’échec : le risque.

Et attention nous allons vous surprendre : la France a un des plus hauts score en Uncertainty avoidance d’après Hofstede avec 86/100. Pour comparer, les Etats-Unis ne sont qu’à 46.

Dans les faits cela veut dire que les Français détestent les surprises (surtout les mauvaises) et ont donc tendance à ne pas prendre de risques. Vous en conviendrez, il est beaucoup plus simple de ne pas échouer lorsqu’on ne prend aucun risque. Au contraire, nos amis Américains ont une approche plus pragmatique du risque. Ils ne vont pas prendre des risques inconsidérés mais ne vont pas non plus rechigner à en prendre si il y’a une opportunité à saisir.

L’échec étant la différence entre le résultat prévu et le résultat atteint. Pour ne pas échouer il suffit d’abaisser vos attentes, mais cela est-il vraiment viable? La réponse est bien entendu : Non. Si vous ne cherchez pas à vous dépasser et à prendre des risques vous progresserez bien moins vite (si vous progressez) !

Mettre l’échec en échec

Ne vous inquiétez pas, on en arrive à la pratique et à ce qui vous intéresse : comment développer sa culture de l’échec et tirer le meilleur de ses erreurs. Comme le disait Nelson Mandela : “Je ne perds jamais, soit je gagne soit j’apprends”.

Apprendre à marcher avant de courir

Rappelez-vous quand vous avez appris à marcher (ou demandez à vos parents de vous le rappeler) : vous êtes sans doute tombés de nombreuses fois. Pourtant aujourd’hui vous marchez et peut-être même que vous courrez ! La culture de l’échec vise le même résultat : peu importe le nombre d’échec, tant que vous faites l’effort de vous relever, vous finirez par y arriver.

Alors oui, apprendre une nouvelle tâche peut prendre du temps. Certaines sont plus difficiles à prendre en main que d’autres c’est normal, surtout si ce n’est pas votre formation de départ. Vu le rythme effréné que le monde actuel impose à la plupart des entreprises il est également possible que vous n’ayez que peu de temps pour vous y faire. Résultat : vous devez apprendre et produire dans un délai très court, il n’est alors pas rare de se tromper. Face à cet état de fait il existe deux solutions:

Prendre le temps d’apprendre : on ne le dira jamais assez mais rien de tel que de partir sur des fondations solides pour ne pas s’effondrer. Vous allez avoir l’impression de perdre du temps puisque vous ne produirez rien dès le début mais voyez cela comme un investissement : vous “perdez” une heure en apprentissage pour en gagner 10 en réalisation. Les calculs sont bons Kevin !

Trial and error : Le mot français est “tâtonnement” mais l’anglais illustre mieux le propos, littéralement “essai et erreur”. Dans les faits vous faites une première tentative, certains éléments fonctionnent et sont à garder là où d’autres ne fonctionnent pas et sont à modifier. Lors de la création d’une entreprise cela peut vouloir dire que vous avez parfaitement défini vos valeurs mais que votre identité visuelle ne colle pas. Vous faites donc directement une deuxième tentative en gardant ce qui marche et en changeant ce qui ne marche pas, et ainsi de suite jusqu’à la réussite totale. Cette méthode peut s’avérer particulièrement utile si une personne est en mesure de vous faire des retours rapidement.

Apprendre de ses erreurs

Vous avez échoué dans un projet malgré vos efforts. C’est le moment où il ne faut surtout pas perdre en motivation. Posez-vous, analysez vos actions et réfléchissez à chaud sur ce que vous auriez pu mieux faire. Avez-vous manqué d’inspiration ? L’erreur était-elle humaine ? Était-elle due à un manque d’efforts? de moyens ? Tant de questions qui vont vous permettre d’établir des listes de bonnes et mauvaises pratiques. Grâce à cela vous connaîtrez les moments charnières de vos projets lors desquels il est nécessaire d’être vigilant.e.

Vous finirez donc, plus ou moins rapidement cela dépend de votre projet, par éviter la totalité des peaux de bananes et carapaces sur votre route ! Ce que vous construisez c’est votre résilience et c’est utile tout le temps et dans presque tous les domaines : la cuisine, le sport, la musique, les jeux vidéos … Voyez ça comme un beau cadeau de vous à vous.

Alors oui, cela demande moins d’efforts de faire comme si un de vos échecs n’existait pas, mais êtes vous une autruche ? 

Garder le goût du risque

Oui, comme dans Astérix et les Normands. 

Apprendre c’est bien, ne pas perdre sa motivation c’est mieux. 

C’est mathématique, vous ratez 100% des opportunités que vous ne saisissez pas. Bien maîtriser la culture de l’échec c’est considérer chaque tentative comme une opportunité de s’améliorer et les saisir avec le bon état d’esprit.

Si la pression est trop forte considérez vous comme un outsider et lancez vous même si vous n’êtes pas favori. Vous avez tout à gagner et rien à perdre. En gardant cette volonté de faire malgré les échecs vous sortez de votre zone de confort et donc vous progressez.

Vous savez désormais tirer le meilleur de vos échecs et ainsi montrer que même si vous n’êtes pas parfait vous savez faire preuve de résilience !